Carnet de route

La grande traversée de l'Ardiden 09/2015

Le 02/10/2015 par philippe Discazeaux

Recette de la Grande traversée de l'ARDIDEN

30 septembre 2015.

Pour réussir la vraie et bonne recette traditionnelle de la Grande traversée de l'Ardiden, c'est bien simple , il faut :

1°) de bons ingrédients

2°) un vrai savoir faire

Commençons par les ingrédients :

             - Prendre un bon meneur d'hommes (et de femmes), et si vous avez le choix, choisir de préférence, un bon landais.

– lui adjoindre un bon second couteau, genre hongrois ou aragonais, (cela a moins d'importance)

puis ajouter en vrac :

-trois instits en retraite, très MAIF, MGEN, CASDEN, et donc forcément de gauche,

-un couple pas trop dodu revenant du ZANSKAR, (attention, ce n'est pas facile à se le  procurer, s’y prendre à l'avance)

- et enfin une femme de responsable de section bardée, (lardée si vous préférez) de saucisses et de nouilles Panzani.

Penser à vous procurer aussi :

de la persévérance,

de la patience,

de la volonté,

de l'acharnement,

beaucoup de plaisir,

beaucoup de fatigue aussi, que vous ajouterez comme bon vous semble pour accommoder le plat.

Rectte

– Prendre tous les ingrédients.

– Les mélanger aux granges d’Aynis,

– Bien les préparer avec tout leur matériel et leurs provisions partagées.

– les mettre en route sur la piste sur 3,3 km  et 200 m de dénivelé négatif.

– Les enfourner dans un minibus afin de les faire rejoindre la Fruitière.

-Les ressortir de là pour qu’ils se mettent enfin en mouvement pour rejoindre le refuge Russel à 6 km  et 648 m de dénivelé positif.

– Bien les arroser à mi-parcours pour ne pas qu'ils soient trop secs à l'arrivée, et,  pour ne pas qu'ils s'envolent, les lester de bonnes grosses bûches d'épicéa ou d'autres résineux.

–  Les enfermer au refuge Russell.

  • Allumer un bon feu et faire bouillir un chaudron d'eau pour les Panzani.
  • Délarder la femme du chef afin de lui retirer ses merguez et autres chipolatas déjà pré-percées.
  • Servir chaud dans ce que vous trouvez  et se régaler.
  • Organiser une belote mâle/femelle, réserver la première partie, la plus importante, la plus belle et la mettre de côté, on s’en servira plus tard.. La revanche, quant à elle, pourra être traitée comme n’ayant aucun intérêt.
  •  
  • Fin de la préparation, laisser reposer quelques heures au frais  et à l’étage .

Le lendemain   de bonne heure, reprendre sa préparation.

-Repartir dans le même état d'esprit.

-Marcher jusqu'à une cheminée.

-Commencer l'ascension.

-Ne pas monter trop vite pour ne pas se cramer.

-Rencontrer la neige.

-La manipuler et surtout la « pédipuler » avec précaution.

– Monter, monter, monter , et encore monter.

-Ne pas se demander  si : «  le sommet c'est çui-là ? » Il est forcément derrière, voire même, derrière celui de derrière .

-Ne pas compter voir un brin d'herbe pour ajouter à la sauce, y’en n’a point.

– Arriver enfin au sommet.

– Profiter de l'instant. C'est tellement bon !.

À ce stade de la recette, on a droit, et c'est assez original pour être signalé, à la déclinaison des autres recettes du coin, à savoir : celle du Tallon, du Casque, de la Brèche et de la fausse Brèche, du Marboré du Mont Perdu, etc.… Quelqu'un parfois, (ou plutôt quelqu'une) peut s'essayer à un timide : « et la Muña, c'est ça ? », en montrant n'importe quoi., mais ça c'est une autre histoire…..

Quand la traversée est bien entamée, il ne faut surtout pas la laisser refroidir.

       – Bien rassembler ses affaires.

  • Bien regarder où on met 1°)les pieds
  •                                                  2°) les mains
  •                                                   3°)les fesses.
  • – Surtout : ne pas essayer de casser un bloc avec la tête ou le front, même pour faire rire son entourage : Ce fut tenté, ce fut un échec. …
  •  Bien retrouver la cheminée qu'il faut, pour redescendre aux lacs d’Ardiden .
  • Ne pas trop s'inquiéter si le sol est pourri de chez pourri : c'est normal !
  • ne pas, non, surtout : ne pas se lasser de tous ces blocs instables, imbéciles et omniprésents.
  • Ne pas, non, surtout : ne pas croire qu'être aux lacs d’Ardiden,, c'est être à la f in de la recette.
  • Non, non, non : c'est pas fini !
  • Des lacs d'Ardiden, piquer sur la cabane de Lagües,(prononcer : «  Lague », et non pas : «La.. gu… ès » comme d'aucuns voudraient bien nous le faire croire mordicus.
  • de là, bien repérer la cheminée du départ, avec son doigt vengeur érigé bien haut, qui fait penser à quelque chose mais je ne me rappelle pas trop bien quoi.
  • Ne pas hésiter à descendre, descendre, descendre , descendre .
  • Ne pas oublier non plus d'appeler l'hôtelière pour lui dire que tout va bien mais  que l'on aura simplement un peu de retard.
  •  Retrouver les granges d’Aynis avec une grande joie.
  • Se dire que la recette, rien qu'aujourd'hui, a duré 12 heures,  a été de 11,7 km, avec un dénivelé positif de 1055, et un dénivelé négatif de 1618
  • Et enfin débouler à  l'hôtel pour :
  • 1°) se doucher
  • 2°) boire une bière
  • 3°) se mettre les pieds sous la table.

  4°) et se délecter de cette  superbe traversée  ….

Bon appétit                                                           

Et si vous avez encore un peu d’appétit, que diriez-vous de la recette du Pic de Bergons ?

…. Elle est simple, celle-là, et rapide aussi…

Vous reprenez les ingrédients de la veille, les plongez dans un paysage totalement différent de la veille, à savoir, : du vert, du vert et encore du vert,

Vous te leur mettez un chemin en terre presque plat,

Et ils te vous grimpent ça en sfflotant, voire  même en courant pour l’un d’eux,

Ils te vous s’arrêtent même pas à la cabane de Bachebirou , et te vont se poser sur le sommet, la « Bouse » comme ils l’appellent, pour y faire la photo souvenir qu’ils te posteront sur « Fasse-bouc », et ils te vous redescendent de là en papotant en se disant que 6,2km de route avec 600m de montée et 600 de descente, c’est trop d’la balle….

Grand merci à toi, Francis, pour ton organisation, ton sens de la montagne…et ta patience aussi !!! et à tous pour cette très belle course d’équipe….

Philippe, le 2/10/2015

 

 

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