Carnet de route

La Hourquette d'Ancizan 02/2016

Le 02/02/2016 par Philippe Discazeaux

La Hourquette d'Ancizan

On en rêvait, Jean-Pierre l'a faite, lui....

 Ce n'est pas comme certains qui nous disent qu'ils vont affronter le Canaourouye, par exemple, et qui d'année en année repoussent, repoussent, repoussent, et tout ceci pour des raisons fallacieuses...

Jean-Pierre, dit qu'il la fait, la repousse certes d'une année, mais il la fait.

Ils étaient donc 15 à se retrouver à Sainte-Marie de Campan, pour atteindre ce but tout à fait réalisable.

Après les retrouvailles et le pique-nique, ils s'embarquent tous pour le Courtaou d'Empieye, qu'ils atteignent facilement mais après une très bonne grimpette. La haut sous un soleil éclatant, ils décident de faire le tour du cirque en passant par le Clot des Artigous. Il fait un temps extraordinaire : Grand Soleil, Grand Bleu, Pas De Vent.

Et bien,et je vous le donne en mille Emile : ils vont se taper une traversée  à l'ombre, et la seule neige verglacée de tout le canton, se trouve justement et comme un fait exprès, sur le chemin qu'ils vont emprunter...

C'est dire le degré de masochisme de ces gens là ...

En plus de ça, ils vont se retrouver dans une forêt inhospitalière qui n'a rien fait de mieux que de se faire coucher par des avalanches.

Ce n'était qu'une petite mise en bouche de 12 km et de 700 m de dénivelé.

Je ne m'étendrai pas sur le fait que la vue depuis la cabane est absolument magnifique, et que l'ambiance est au rendez-vous.

Nous allons donc rejoindre notre gîte, qui, comme par hasard et vous l'aurez certainement deviné, est celui de Gripp...

Après une bonne douche, nous sommes conviés à un apéro d'anniversaire organisé par un prof en retraite dont je tairai le nom et à plus forte raison l'âge pour ne pas le géner... Après un speech fort bien improvisé prononcé d'une petite voix fluette et à peine audible, nos participants trinquèrent à sa santé.

Ce fut un très agréable moment.

L'heure de passer à table étant là, tout le monde se massa autour de la grande table en vue d'un frugal repas. En effet, après la garbure, vint une tartiflette. Là, je vais faire une petite digression. En principe, les noms finissant par le suffixe « ette » expriment une idée de petitesse, de moindre quantité, bref, c'est plutôt un diminutif... Et bien là, celle-là, de tartiflette, n'était absolument pas diminuée...oh que non !!!

Nous en prîmes, et reprîmes, et certains même en re-reprîmes...

 Bien sûr, il y avait de la saladette avec, mais comme il y n'avait que  trois fille(tte)s,  on ne lui fit pas grand mal à la salade.

Heureusement, on se vengea sur le plateau de fromages qui suivit, car nous étions un peu en manque de produits laitiers.

Non, le dessert ne fut pas du fromage blanc ni du tourteau fromager, mais un délicat fondant au chocolat avec de la crème chantilly...on était dans le léger,quoi...

Quelle ne fut pas notre surprise de voir débouler en plus deux bouteilles de champagne pour accompagner le tout.

Nous pensions tous que c'était une suite de l'apéro de la part de notre prof si discret, mais que non, mais que non, c'était de la part de notre vétéran de la sortie qui fêtait lui aussi son anniversaire... Là aussi, nous tairons l'âge par discrétion. Tout ça pour vous dire que l'ambiance était très décontractée, joyeuse et durant ce repas, on eut droit à des histoires tout à fait inédites et inconnues au bataillon: une sur les orgues de Camplon, une autre sur le brouillard dans le Puy de Sancy avec un retour au GPS, une autre  sur un retour en hélicoptère, voire un deuxième mais pas au même endroit, rien que des exclusivités ....des scoops, prononcés à mi-voix pour ne pas que ça s'ébruite... Comment ?? Vous ne les connaissez pas ??? Bon, alors je pense que je les divulguerai un jour quand je serai vieux et que j'écrirai moi aussi mes mémoires.

Avant d'aller au lit pour effectuer un sérieux travail de digestion bien compréhensible, une partie de belote s'invita. Le niveau étant très inégal entre les adversaires par nature, on ne trouva rien de mieux que de faire jouer des winners bien rodés, avec des cartes improbables, venant d'on ne sait où,(enfin si, on savait...)pour les bien perturber.

Mais vous les connaissez, :il leur en faut plus pour les destabiliser... et la logique fut respectée haut la main et le talent récompensé: les winners ont winné facilement, et les looseuses ont loosé,  et je serais tenté de rajouter : « comme d'hab' !!! »

À ce propos, tout en cheminant sur cette fameuse Hourquette, quelques privilégiés entourant de près afin de boire ses paroles le professeur susmentionné ,eurent droit le lendemain, à une conférence sur l'apocope et l'aphérèse. Ne me dites pas que vous ne saisissez pas les nuances entre ces 2 termes que nous employons tout à fait régulièrement ! Si ? Bon : alors , et pour faire court comme diraient Fédérer ou Nadal, l'aphérèse , c'est: supprimer le début d'un mot tel : 'Ricain pour Américain, 'Pitaine pour Capitaine,

Et l'apocope, c'est le contraire: à savoir :ôter le suffixe d'un substantif, tel : Vélo' pour Vélocipède, Moto' pour Motocyclette, ou Comme d'hab' pour Comme d'habitude,... et j'en reviens au paragraphe précédent, et je retombe sur mes pattes, mais le compte rendu n'avance pas trop....

Donc après  la belote, le dodo ; après le dodo, le petit dèj' (apocope ou aphérèse ?) ; Après le petit dèj, la montée au col d'Aspin. Finalement, et bizarrement, nous n'attendîmes pas trop trop longtemps la 16e participante ... On s'attendait à pire...

Le paysage s'étendait magnifique à nos pieds, la plaine de Payolle était blanche de gelée, les différents pics enneigés, le ciel bleu bleu bleu, et le soleil omniprésent.

Après grimpettes et descentes multiples, nous arrivons en vue des Hourquettes d'Arreau et d'Ancizan : alors, elle est où celle d'Arreau,celle d'Hancisan? Mais elle est là ! Où ça ? Mais là,voyons ! Mais non c'est pas ça ! Mais si, je te dis que ç'est ça ! Finalement, après un cours sur la notion de col et un autre sur la définition de Hourquette, on finit par se mettre d'accord : la Hourquette d'Arreau est là, celle d'Hancizan est là,tellement là, qu'on va s'y arrêter, on va s'y restaurer, qu'on va y bavarder, et petit à petit, en se calant bien comme il faut dans l'herbe,  on entendra en fond,bien loin, bien loin,  des histoires de randos "à vélo",( et non pas "en vélo" comme chacun le sait), des histoires de plan de Saint Pétesbourg acheté chez Mollat,( puis le même acquis là bas en langue cyrillique pour comparer), des histoires d'avion, de cargos pour voyager, de routes défoncées et dangereuses pour les cyclistes, de devis d'artisans pour de l'isolation toujours dans l'attente, de maison repeinte en façade afin de la mieux vendre, ...et l'on n'entendra plus rien car on aura sombré un brin dans les bras de (Hugues) Aufray... ou de (Michel) Onfray...

Après un certain temps, tranquillement, très tranquillement, très très très tranquillement, nous reprîmes le chemin du retour du pas du sénateur qui irait se faire auditionner pour un détournement de fonds ou une prise d'intérêts fallacieuse.

Bien sûr, nous eûmes droit à la sempiternelle engueulade proférée à l'encontre de l'organisateur qui n'aurait pas assez attendu et vérifié au départ que tout le monde était prêt, mais rien ne pût altérer le climat bon enfant de la sortie...

Et l'on retrouva nos voitures, et on alla remercier notre GO du jour au bistrot de Payolle avant de se séparer et de repartir chacun de son côté.

Nous remercions tous Jean-Pierre pour cette très agréable sortie qui, bien que pas trop engagée physiquement, c'est le moins que l'on puisse dire, s'avéra être très très conviviale, et par les temps qui courent,...on peut dire que c'est super-important...

Merci Jean-Pierre.

Philippe

 







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