Carnet de route

RANDONNEE DANS LE HAUT ATLAS CENTRAL DU 19 AU 28 JUIN 2018

Le 02/07/2018 par Michèle Vigniel

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19 juin : départ très matinal des 15 randonneurs pour un vol Easyjet Bordeaux-Marrakech.
A l’aéroport Marrakech-Ménara nous retrouvons après d’interminables formalités notre guide Ali Bakhouch qui nous conduit à l’hôtel Hasna sur l’avenue Mohamed V. Nous avons la journée entière pour nous promener dans les souks, faire quelques achats au Centre Artisanal ou visiter le Musée Majorelle. Après l’hiver et le printemps bordelais particulièrement pluvieux, nous apprécions le chaud soleil marocain qui ne nous quittera pas pendant tout le séjour !

20 juin : nous embarquons dans un confortable minibus pour Demnate où nous faisons un arrêt permettant à Ali de faire les derniers achats de nourriture et à nous de boire un bon jus d’orange en observant les cigognes. Arrêt photo un peu plus loin au pont naturel d’Imi n’Ifri. A partir de là on s’engage vraiment dans la montagne et on s’arrête au col où nous attendent notre cuisinier Omar et nos 7 muletiers avec 9 mulets. Tandis que nous déjeunons, l’équipe charge les mules et nous commençons la randonnée par une marche facile d’environ 4h sur une piste d’abord puis dans le lit d’un ruisseau, dans un paysage très agréable de cultures et de fleurs multicolores. Bivouac au pied du village rouge d’Aït Bouahi. Omar nous a préparé un excellent couscous aux légumes et on a apprécié, comme ce sera le cas tous les soirs, de trouver au bivouac nos tentes montées par les muletiers. Nous n’avons donc plus qu’à nous coucher et à essayer de dormir malgré les chiens excités par le hurlement des chacals…

21 juin : 1ère étape courte et facile, sur piste, dans un très joli paysage.
Les pluies abondantes du printemps et la fonte des neiges ont permis l’éclosion de nombreuses fleurs (lauriers roses, moutarde, orminis, lavande, thym) et on traverse de belles forêts de pins d’Alep et des villages très préservés. A Issoulane c’est le jour du souk et on en profite pour y flâner un peu. Notre campement est établi près de la Tessaout, dans un très beau cadre dont on pourra profiter tout l’après-midi car on arrive au bivouac pour le repas de midi.

Les jours suivants seront plus intenses. Jusqu’à la fin du trek, le rythme sera à peu près le même chaque jour : lever à 6h, pliage des tentes, déjeuner en plein air et départ à 7h30 pour une journée de marche de 7 à 8 h suivant les difficultés de certains et les quelques incidents inévitables : chaussures qui s’ouvrent en 2 par exemple ! A midi, excellent repas préparé par Omar, en fin d’après-midi, thé et goûter (parfois crêpes ou beignets !) et dîner tardif, toujours succulent. Certains participants ne s’attendaient pas à des étapes aussi longues (parfois plus de 20km avec du dénivelé et parfois aussi quelques passages délicats) et sont gênés par la chaleur lors des montées, mais les paysages variés et grandioses, les rencontres avec les bergers et les villageois, les couleurs des roches, de la terre et des fleurs nous récompensent largement de nos efforts !

22 juin : Les choses sérieuses commencent !
On grimpe par un magnifique sentier qui traverse une forêt de pins puis serpente en balcon au-dessus d’une gorge sauvage jusqu’à un col. Ensuite on rejoint une piste qui traverse plusieurs villages traditionnels bâtis avec la terre rouge de la vallée d’Aït Mhmid. Il subsiste des vestiges de greniers et quelques belles maisons anciennes. On pique-nique près d’un ruisseau sous un noyer centenaire au milieu d’une bande d’enfants qui ne voient pas souvent de touristes ! Ensuite montée raide jusqu’au village de Tiskwitine puis le paysage s’élargit en un vaste plateau couvert d’asphodèles comme s’il avait neigé ! C’est là qu’est installé notre bivouac, dans un cadre vraiment extraordinaire. A la tombée du jour on assistera au retour d’une immense colonne de vaches qui redescendent au village, une vision féerique dans ce champ de fleurs blanches !

On a monté plus de 1000m et parcouru plus de 20 km : on a bien mérité les beignets que nous a préparés Omar le magicien !

23 juin : la journée du chergui.
On longe le petit lac qui s’est formé au bout du plateau, puis un deuxième, plein de grenouilles et de fleurs blanches. Les grands troupeaux de brebis et de chèvres ne sont pas encore montés aux bergeries, mais il y a des ânes, des juments et leurs bébés mulets. On contourne la montagne, le paysage change complètement et devient totalement minéral avec une palette de couleurs incroyable. On remonte un ravin, traverse un ruisseau, puis commence une longue montée jusqu’à un col d’où l’on aperçoit le lac Mchalt environné de fleurs. On descend jusqu’au lac qu’on longe avant de s’engager dans une longue montée jusqu’à un col à 2900m. Le chergui (vent d’est qui souffle par rafales) est tellement fort qu’on ne peut guère s’attarder au col et on continue à marcher longtemps sous les rafales avant d’atteindre la tente mess qu’Omar et 2 muletiers ont dressée péniblement près d’une bergerie pour nous permettre de déjeuner à l’ombre et à l’abri du vent. Malheureusement une rafale plus forte manque d’arracher la tente et recouvre de poussière assiettes, sacs et verres de thé, pénétrant dans les yeux, les narines et la bouche ! Heureusement les belles salades d’Omar, toujours artistiquement présentées, étaient encore protégées par un film bien ajusté ! Pas question de faire la sieste dans ces conditions, on repart donc par un très beau sentier à flanc de montagne puis on descend par une piste récente qui dessert des mines de cuivre et de fer jusqu’à notre campement établi dans un endroit très sauvage, près d’une rivière assez large où il sera possible de se tremper. Un grand troupeau de chèvres et de brebis descend bientôt pour s’abreuver, conduit par un berger et plusieurs chiens. Omar nous a fait des crêpes, puis pour le dîner un délicieux tagine de poulet. La nuit sera calme : pas de chacal pour exciter les chiens cette fois !

Ancre24 juin : On longe la rivière jusqu’au village de Tighza où se trouvent plusieurs gîtes parce qu’on rejoint à cet endroit un tronçon de la Grande Traversée de l’Atlas.
On remonte le cours de l’Ounila qui offre des cascades et des piscines naturelles bien tentantes au milieu des lauriers roses et permet de belles cultures : une vallée vraiment paradisiaque ! Mais on n’a pas le temps de se baigner, on s’éloigne de l’Ounila et on monte dans un paysage plus aride jusqu’à une source où on pique-nique. Ensuite commence une interminable montée sous un soleil de plomb. On fait une petite halte près d’un des rares genévriers thurifères survivants autour duquel on trouve quantité de fossiles, puis on reprend la montée dans le vallon pour atteindre le lac Tamda n’Anoughmar à près de 2700m : à chaque petit col on espère l’apercevoir mais on ne voit que le chemin qui monte encore, comme si ce lac avait disparu ! Il a en effet disparu, du moins le 1er qui se remplit lorsque le lac principal déborde au printemps. Le bivouac est donc installé au bord du petit lac asséché et pour se baigner (et même nager pour les plus courageux), il faut marcher jusqu’au 2ème. Après le dîner, on fait la fête pour les 64 ans de Guy : Omar a préparé 3 beaux gâteaux et les Berbères nous donnent un concert en chantant et marquant le rythme avec bouilloires, casseroles et jerricans, tandis qu’Ali et Jean jouent de la flûte. Une belle soirée !

25 juin : On longe le lac d’Anoughmar dans lequel se reflète la montagne et on remonte tout le vallon.
Au fond on monte sur le versant droit jusqu’au col de Tamda (2800m) d’où l’on a une vaste vue vers le sud, avec la palmeraie de Skoura, le Jebel Saghro et l’immense station de panneaux solaires de Ouarzazate, puis on descend pour atteindre le col de Fadghat à 2100m, sur la route entre Demnate et Skoura. Nous pique-niquons à l’ombre rare d’un pylône avant de remonter sous un soleil implacable sur le versant opposé. Après cette montée courte mais éprouvante, le chemin devient plus facile et le paysage de plus en plus beau, avec des couleurs de roches surprenantes et un passage spectaculaire dans un canyon gris foncé. Le bivouac est installé dans un site grandiose, sur des pâturages d’altitude où paissent des troupeaux de brebis (avec plusieurs chiens qui se rappelleront à notre souvenir la nuit !). Malheureusement le ruisseau est totalement à sec et les muletiers doivent aller chercher l’eau assez loin, donc pas question de toilette ce soir !

26 juin : Très belle journée de descente au milieu de superbes paysages.
Certains passages sont difficiles à franchir et pourtant les mules sont passées par là ! Nous atteignons le vieux village de Megdaz accroché à la montagne et classé par l’Unesco. On se promène dans ses ruelles puis on termine notre trek par quelques km de route puis de piste dans le lit d’un oued jusqu’à Aït Ali n’Itto où on va dormir dans un gîte tout près de la Tessaout. Nous avons la chance d’arriver un jour de mariage et nous pouvons assister à l’arrivée de la mariée sur sa mule blanche, escortée par un groupe de femmes aux tenues très colorées. Après le dîner nous remercions Ali, Omar et l’équipe de muletiers en leur offrant un pourboire largement mérité : tout le monde a apprécié leur professionnalisme, leur gentillesse, leur patience et leur bonne humeur !

27 juin : départ par une pittoresque camionnette de transport local où nous prenons tous place tant bien que mal (certains sur le toit par-dessus les bagages !) jusqu’au col d’où nous sommes partis le 1er jour et où nous attend la camionnette qui nous ramène à Marrakech.

Malgré des moments difficiles pour certains, les participants ont retenu surtout la beauté des paysages, immenses et sauvages, les couleurs intenses, la vie pastorale, la gentillesse des Berbères et la qualité de l’équipe locale. Bref que du bonheur !

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