Carnet de route

Vires, sourires, fous-rires… et Pas Txaran

Le 06/09/2018 par CATHY - ANNABEL - DOMINIQUE

Vires, sourires, fous-rires… et Pas Txaran(*)

Les sorties semaine, c’est du sérieux. Ponctualité oblige, le regroupement de départ est impeccable. C’est vers Torla, au cœur du Parc National d’Ordesa, que voitures et minibus s’élancent à l’heure pétante avec un bel ensemble. Le canyon d’Ordesa et les sommets voisins sont tous classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Première halte à la sortie du tunnel de Cotefablo, nous sommes en Espagne. Objectif : le Pelopin. Le sentier évolue dans une végétation de type méditerranéen, puis rejoint une piste herbeuse qui, sans difficulté aucune, nous mène au sommet. Que de surprises nous attendent là !

Mais oui direz-vous, un panorama splendide à 360 ° sur les sommets environnants ! Bien sur,  magnifique vue sur la vallée d’Ordesa, la Brèche de Rolland, les hauts sommets de Gavarnie, le Mont Perdu… Mais pas seulement : le comité d’accueil était aussi convoqué… un bataillon de fourmis volantes qui nous a vite obligé à quitter les lieux !

Remarquons l’élégance de certains messieurs : camaïeu de gris et de vert doux assorti au sac-à-dos ; mariage du bleu canard (mérinos, évidemment) et du vert mousse. Une science certaine de la couleur acquise au fil des années à arpenter nos belles Pyrénées.

En quelques tours de roues nous rejoignons Torla. Notre hébergement porte le nom d’un français, écrivain et photographe, connu pour ses nombreuses explorations dans la vallée d’Ordesa. Vous avez deviné ? Il s’agit de Lucien Briet.

Le repas du soir est bien apprécié. La gaieté dissipant la fatigue, nous avons droit au coup de l’étrier de l’aubergiste avant d’aller dormir : le Patxaran (*) a eu son petit succès. Par contre, nous avons noté un niveau sonore inhabituellement bas pour un dortoir de 16 personnes. Le Patxaran a-t-il contribué à une bonne hygiène respiratoire durant le sommeil ? La question mériterait d’être creusée.

Notre groupe comportait même un couple de scientifiques qui ont fait, sur leur temps de sommeil, une étude détaillée sur la fréquentation nocturne de l’escalier du gîte. Cette étude est disponible sur simple demande auprès du trésorier de l’association.

Le lendemain, balade dans les entrailles du cañon d’Ordesa par les « fajas » (sentiers en balcon) Racon et Canarella. Petite navette en bus avant de rejoindre le chemin, puisque le cañon est inaccessible en voiture durant les mois de juillet et août. Sensations garanties ! Murailles  vertigineuses au dessus de nos têtes (Tozal del Mallo, Punta del Gallinero), cirques suspendus (Carriata, Cotatuero), fajas plus ou moins aériennes, cascades scintillantes, Ordesa est l’expression de la démesure. Grandiose !

Les murailles minérales contrastent avec la nature exubérante qui peuple le fond du cañon, formant des paysages d’une incroyable beauté. Les fajas offrent une vue panoramique à couper le souffle, on se sent minuscule au milieu de cette immensité.

Dame Nature nous surprendra toujours !

Au retour, la petite mousse au bar au pied du chemin a fait des émules… certains en auraient même oublié leurs bâtons ! Un appel téléphonique en espagnol et une contribution sympathique des chauffeurs de bus plus tard : lesdits bâtons sont  livrés à Torla par service spécial dans l'heure qui suit. Ces espagnols, ils savent recevoir !

Une ombre s’installe au pied du balcon lorsque tous sont déjà au lit. Un passage voûté, une petite cour pavée, un ciel étoilé, le décor est planté. La nuit retient son souffle et une voix s’élève «  Il y a quelqu’un au 2ème étage ? ». Visiblement, Roméo a oublié son texte et sa guitare et puis il y en a deux ! Deux Roméo qui ont passé l’heure du couvre-feu et sont enfermés dehors... A défaut de sérénade, on entend des gloussements au dortoir.

A l’aube du troisième jour, c’est par le versant sud du cañon que nous accédons aux Miradors del Rey et del Molar, où nous pique-niquons. Vue plongeante et vertigineuse sur le fond de la vallée où coule le Rio Arazas. Nos regards fixent la paroi opposée pour tenter de localiser les fajas que nous avons empruntées la veille. Incroyable mais vrai, on est passé là, juste au pied de cette paroi verticale !

Au mirador del Molar se produit une échappée audacieuse vers le pic Acuta (Punta Acuta 2247m), un belvédère époustouflant sur le canyon d’Ordesa et les sommets voisins…  qui est couvert d’Edelweiss ! La photo vous laissera sans voix.

Pour finir, voici l’astuce du jour : une belle paire de bretelles, ça aide à la grimpette, à condition qu’elle soit colorée, verte dans l’idéal.

Louons les paysages grandioses, le temps de rêve, la convivialité du groupe qui associait plus jeunes et moins jeunes pour notre plus grand plaisir.

Louanges aussi à toi B. pour l’organisation impeccable de cette rando. Au passage , on aura remarqué ta capacité à gérer avec efficacité  les questions les plus diverses et à accepter l’impétuosité des participants !

Tu rêvais de nous faire découvrir cette vallée, « le plus beau coin des Pyrénées ». Bonheur partagé, mission réussie. Merci, merci.

(*) Le Pas Txaran est la nouvelle  unité de mesure du pas en montagne. Désormais les distances seront exprimées en Pas Txaran !

Trêve de plaisanterie, le  Patxaran ou Pacharan (prononcer patcharane) est une liqueur de Navarre fabriquée à partir de la macération de prunelles sauvages dans de l'alcool anisé.

CLUB ALPIN FRANCAIS BORDEAUX
96 COURS DE LA MARTINIQUE
33000  BORDEAUX
Contactez-nous
Tél. 05 57 87 66 66
Permanences :
merc 18:00-19:30 jeudi 18:30-20:00 Pour tout renseignement: secretariatcafbordeaux@gmail.com
Agenda