Carnet de route

Russel et autres balivernes

Sortie :  Pic Russel et Valliberna du 04/09/2018

Le 08/10/2018 par Gérard

La Maladeta sous un autre angle : pics Russell et Vallibierna
Départ du minibus de bon matin ce mardi 4 septembre. Passage à Langon pour prendre les cafistes locaux, puis nouvel arrêt à Mont-de-Marsan où Francis notre GGO (Gentil Guide Organisateur) nous attend avec le café accompagné des traditionnelles « étoiles »montoises (non ne regardez pas dans le ciel mais dans l’assiette !).
Après ce « détour incontournable », nous prenons la direction du massif de Maladeta, dans son extrémité Est plus exactement.
L’objectif de la sortie, c’est en effet les pics Russell et Vallibierna
On s’enfonce dans le val d’Aran jusqu’à Vielha. Quelques kilomètres après le tunnel, une petite route sur la droite mène au village d’Aneto (original non ?). De là, un long chemin carrossable nous conduit jusqu’au lac (là bas on dit estany) de Llauset (on traverse un tunnel avant d’arriver au lac) où le minibus attendra patiemment notre retour.
A partir de là, on monte au refuge en suivant le GR 11 (1h 30).

Ne vous étonnez pas, vous ne le trouverez pas sur les cartes. C’est un petit nouveau récemment construit (2016) à 2 425 m d’altitude et en cours d’extension. Il passera alors de 30 à 80 places (deuxième bâtiment en construction).
Mais plutôt que d’y arriver très tôt dans l’après-midi, nous prendrons le chemin des écoliers en passant par les lacs d’Anglas. Et nous ne le regretterons pas, car le temps un peu couvert leur donne un petit air de paysage écossais (ou irlandais si vous préférez). Nous y découvrons aussi une cabane en bois ouverte au promeneur, et sans doute très précieuse les jours d’orage ….Nous franchissons à la suite un col facile d’accès, et c’est la descente vers le refuge.
Construit en bois et couvert d’une toiture métallique, sa parfaite isolation donne une évidente sensation de confort. Pour l’instant, il propose 5 chambres de 6 places chacune (une douche et un WC par chambre). Il se trouve en léger contrebas du lac de Cap de Llauset.
Il est gardé par une équipe jeune et sympathique, mais peu familiarisée avec la langue de Molière (après tout nous sommes en Espagne !). Par moments, une musique moderne nous est offerte en fond sonore, plutôt inhabituelle dans les refuges d’altitude.
Les lieux sont encore un peu dépouillés. Si vous souhaitez meubler vos temps d’attente avant le dîner ou le coucher, n’oubliez pas d’ajouter à votre sac une revue ou un jeu de cartes.
Au cas présent et en attendant l’heure du repas, Francis, comme à son habitude, prépare scrupuleusement la journée du lendemain.

Après une bonne nuit (de refuge !) nous prenons le chemin en direction du pic Russell. Itinéraire sans encombre jusqu’ à ce qu’on se trouve au pied d’un grand couloir caillouteux pentu et instable (certes ce n’est pas Tuquerouye mais tout de même …) vivement là haut !
La préoccupation du moment est de mettre un pied devant l’autre, mais aussi et surtout de ne pas « lâcher » de pierres sur ceux qui grimpent en contrebas, d’autant que trois Espagnols hésitants ont fini par nous emboîter le pas.
Le couloir se termine par une vire, suivie de l’arête terminale qu’on longe principalement en léger contrebas. Nous voilà au sommet, altitude 3 207 m.
L’intérêt principal de l’endroit est la vue magistrale sur un alignement de sommets : pic Margalida, pic des tempêtes (tormentas) et l’Aneto en arrière plan. Hélas aujourd’hui la brume est trop épaisse. Pour le panorama, il faudra revenir.
Retour par le même chemin. En effet, une boucle avait initialement envisagée, mais le temps de marche annoncé par le gardien du refuge a dissuadé nos vieilles jambes.

Ah revoilà le couloir pentu ! Avant de l’affronter, nous décidons de nous restaurer un peu.

Bon, maintenant, c’est chose faite, nous ne pouvons plus y échapper. Surtout ne pas se laisser entraîner par la pente ! Le deux Gérard en profiteront tout de même pour animer ce moment d’attention soutenue, en réalisant un plongeon chacun. Leurs camarades sarcastiques salueront les figures de style : double roulade pour l’un, saut périlleux arrière pour l’autre. Plus en souplesse, Marc limite les dégâts avec un décapage du vernis sur le tibia. Finalement 2 compresses, 3 pansements, et l’incident est clos.
A l’arrivée au refuge la bière, même « en boîte » est unanimement appréciée.
Bernard se fait déloger par une virulente dame à l’accent belge qui semble vouloir dormir à tout prix auprès de son compagnon. Comme quoi l’amour est une flamme ardente qui nous anime toujours, même en montagne !

Un orage de grêle s’invite une bonne partie de la nuit. Qu’il est doux d’entendre le bruit des grêlons sur le toit alors qu’on s’est glissé bien au chaud sous les couvertures !

Au programme du dernier jour figure le pic de Vallibierna, et si tout va bien, nous poursuivrons par une boucle qui nous conduira au lac de Llauset (où se trouve le véhicule) en descendant directement le vallon de ….Llauset.
Le chemin est manifestement plus « cool » aujourd’hui. Certes, nous traversons quelques pierriers, mais nous voilà dans une ascension « touristique », comparée à celle de  la veille. Par endroits, nos chaussures crissent sur les amas de glace laissés par l’orage de la nuit. L’arête terminale est plutôt aérienne mais sans difficulté majeure jusqu’au sommet (3 067 m).

Nous y voilà justement, nous prenons quelques instants pour admirer le paysage environnant, et aussitôt se présente à nous le fameux « paso del caballo » : une superbe arête d’une quinzaine de mètres que l’on doit traverser si l’on veut réaliser la boucle envisagée pour le retour. Cela peut se faire à l’aide d’une corde tendue, mais nous n’en avons pas, ou bien à califourchon sur l’arête (à savoir : la croupe « del caballo »).

Notre guide Francis s’avance au plus près, afin de mieux apprécier la difficulté, pendant qu’au sein du groupe les tergiversations vont bon train. A ce moment du propos il convient de rappeler qu’il s’agit d’un groupe exclusivement masculin, dans lequel certains vont jusqu’à redouter des dommages graves, voire la perte irrémédiable de leurs atouts spécifiques sur une pareille arête !

Finalement la sagesse l’emportera, et notre guide optera pour un retour par le même chemin que l’ascension. Le meilleur montagnard n’est-il pas celui qui rentre sain et sauf ?

Nous passons à proximité du refuge puis entamons la descente directe vers le lac. A partir de là, le groupe s’étire de plus en plus. Certains ne sentent plus la fatigue quand s’annonce le « retour à l’écurie ».

Les derniers rejoignent le parking vers 16 h. Halte à Bossost pour partager le sacro-saint pot de l’amitié.

Merci Francis de nous avoir fait partager cette belle découverte. Nous sommes toujours sensibles à ta constante et bienveillante attention.







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