Carnet de route

Randonnée chamelière dans le désert marocain

Le 05/12/2018 par Michèle Vigniel

Du 20 au 29 novembre 2018

  • 13 randonneurs du CAF de Bordeaux et 1 du CAF de Paris
  • Guide : Ali, cuisinier : son frère Ismaïl, 4 chameliers et 8 dromadaires dont un jeune « stagiaire »

21 novembre

On quitte Marrakech vers 9h-1/4 à bord d’une belle camionnette où on embarque tous les sacs, mais le matériel collectif et les provisions sont transportés par Ali dans sa Kangoo.

On s’arrête à Taddart, au pied du Tizi n’Tichka pour prendre un thé. Le Haut Atlas est bien enneigé mais la route parfaitement dégagée. Cependant d’importants travaux ralentissent le trafic. On s’arrête pour déjeuner à Ouarzazate, au soleil, puis on descend par la vallée du Draa jusqu’à Ouled Driss où on arrive à la tombée de la nuit. On profite d’un très beau coucher de soleil et du lever de la lune presque pleine. Nuit dans un camping aménagé avec des bungalows en dur.

22 novembre :

On fait connaissance avec nos 4 chameliers et nos 8 dromadaires, dont l’un a d’étonnants yeux bleus ! Petit-déjeuner au soleil. Il ne fait pas froid et le temps s’annonce très beau. Ali a décidé, après nous avoir consultés, de faire le circuit dans le sens inverse, à la fois pour ne pas transporter trop d’eau les premiers jours, quand les chameaux sont le plus chargés, et pour qu’on fasse les étapes les plus intéressantes à la fin.

On part donc vers le nord-ouest sur la rive droite du Draa (à sec), dans les massifs de petites dunes et les grands regs plats. Il y a différentes petites fleurs, de nombreux calotropis (toxiques), des tamaris, des roses de Jéricho desséchées. On pique-nique à l’ombre d’un bouquet de grands tamaris. Moment très agréable et petite sieste. On a marché 4h1/2 et il reste 2h ½ pour l’après-midi. On trouve quelques petits fossiles, et on aperçoit, après avoir dépassé un puits, un troupeau d’ânes et de dromadaires, mais on ne voit pas les tentes des nomades.

Le campement est établi dans un joli petit massif de dunes, et on profite d’un magnifique coucher de soleil avec le lever de la pleine lune.

23 novembre

Vers la fin de la nuit, une pluie fine s’est mise à tomber par intermittence et on se réveille sous un ciel gris. On marche 4 heures sur un plateau très monotone. On retrouve Ismaïl et Lahcen sous un tamaris qui se détachait au loin, seul dans ce paysage désertique, autour duquel on trouve silex et fossiles. Après le déjeuner, la marche continue sur ce plateau interminable jusqu’à ce qu’on aperçoive au loin les dunes de Bougarne sur lesquelles visiblement souffle un vent de sable. Arrivés dans les dunes, on ajuste les cheichs pour se protéger le nez et la bouche. On marche environ une heure dans le vent puis ça se calme. Le camp est installé dans un cadre magnifique. On monte au sommet de la plus haute dune pour admirer le coucher du soleil. On a parcouru environ 24 km.

24 novembre :

Petit tour dans les dunes avant le petit-déjeuner, au lever du soleil : quelle paix et quelle belle lumière ! Ce sera une journée très variée et très agréable : marche à travers des petites dunes, avec des tamaris, des fleurs diverses, des traces de différents animaux, scarabées, gerboises, renards, fennecs, chacals, oiseaux… On trouve des œufs de serpents, des fossiles, des tessons de poterie. On traverse de larges espaces qui visiblement sont recouverts d’eau de temps en temps et on finit par traverser le lit très large du Draa où l’eau ne coule plus qu’après de fortes pluies. On a la très grande dune de l’Erg Zahar en ligne de mire mais elle est encore loin.

Arrivés à proximité de l’erg, Ali part en éclaireur pour repérer l’emplacement du camp et on voit Lahcen qui agite son cheich jaune en haut d’une dune pour nous indiquer la direction.

Le camp est installé dans une belle cuvette très tranquille, entouré de dunes ocre-rouge et on l’atteint vers 14h. Après le pique-nique on part à l’assaut de la grande dune : la montée est rude mais quel paysage magnifique : un océan de dunes plus basses s’étend devant nous. On reste au sommet jusqu’au coucher du soleil qui rend le sable encore plus orangé. On rentre au camp par le même chemin, en franchissant de nombreuses dunes et on y arrive quand il fait vraiment nuit. On peut observer les étoiles avant que la lune se lève. Ismaïl nous a préparé des crêpes… Une journée splendide !

25 novembre

Il fait froid au réveil (3°) et on monte sur les dunes pour attraper les premiers rayons du soleil.

Le parcours est varié : dunes, reg, fech fech, surtout l’après-midi. Ce sol meuble dans lequel on s’enfonce à chaque pas rend la progression plus pénible. On passe à côté des ruines d’un souk des nomades, abandonné dans les années 50 à cause de l’assèchement des puits, puis on traverse les restes du village de Bousnina : les quelques pans de murs encore visibles, construits en pisé, se confondent avec le sol. Il y a quantité de débris de poteries dont certaines remonteraient au néolithique d’après Laurent. Toute cette région proche du Draa a été habitée pendant des dizaines de milliers d’années avant d’être totalement abandonnée en raison de la disparition de l’eau.

On fait une pause au marabout de Sidi Naji, près du village en ruines du même nom dont il ne reste que quelques pans de murailles.

Ensuite on continue plusieurs kilomètres sur un reg parsemé de tessons de poteries et où on trouve même la moitié d’une meule en pierre.

On parvient à un petit massif dunaire où est établi le camp et avant d’y arriver on ramasse du bois mort pour alimenter un grand feu qui permettra de cuire le pain de sable.

Lahcen a préparé la pâte au levain et, quand il y aura assez de braises, il fera cuire dans le sable deux gros pains qui gonfleront rapidement et qu’il essuiera soigneusement pour faire tomber les grains de sable avant de nous les faire goûter. On reste longtemps autour du feu et Ali, Lahcen et Ahmed se mettent à chanter en utiliser les jerricanes comme tam tams. Les randonneurs chantent aussi et on profite longtemps de ces bons moments partagés autour du feu, avant de se réunir sous la tente mess pour le dîner qui sera très gai et émaillé d’histoires drôles débridées !

26 novembre

On se réveille un peu plus tôt pour le traditionnel petit tour de chameau. On est 7 à monter et on fait un joli petit tour sur les dunes dorées par le soleil levant.

Après le massif de dunes, on marche sur un reg parsemé de très beaux galets multicolores. On trouve le pique-nique installé sous un bouquet de palmiers et derrière une dune on a la surprise de voir couler de l’eau dans une seguia. Il y a même tellement d’eau que par endroits elle déborde et forme des petits lacs ! Et un peu plus loin on se trouve devant le lit du Draa pratiquement toujours à sec mais qui charrie des flots tumultueux, grâce aux pluies abondantes qui se sont abattues sur le Haut Atlas deux jours auparavant. Pour atteindre le ksar de Bounou qu’on veut visiter, on doit donc traverser la rivière avec de l’eau à mi-cuisse et un courant violent qui nous oblige à faire très attention à ne pas tomber.

C’est donc les pieds trempés et boueux qu’on arrive au campement d’Ouled Driss après avoir traversé la palmeraie. Une douche sera bienvenue même si l’eau chaude est capricieuse !

On distribue aux chameliers les pourboires et les vêtements qu’on avait apportés et on prend le dernier dîner préparé par Ismaïl qui nous aura gâtés tout au long du séjour.

27 novembre

On part tranquillement vers 9h. Le paysage, lavé par les pluies, est beaucoup plus beau qu’à l’aller : les palmiers poussiéreux sont reverdis et épanouis, le changement est spectaculaire !

On s’arrête au village de potiers de Tamgroute puis on file sur Ouarzazate où on déjeune au même restaurant qu’à l’aller, toujours au soleil.

On a l’après-midi pour visiter les studios de cinéma, la kasbah de Taourirt et le vieux ksar, le centre artisanal ou pour faire un hammam-massage chez l’herboriste .

L’hébergement est prévu dans une maison d’hôte charmante où l’on apprécie l’accueil, la qualité de la cuisine, la beauté du lieu et le confort des chambres.

28 novembre

Après un petit-déjeuner somptueux, on reprend la route de Marrakech, mais on fait un détour pour visiter le ksar d’Aït Ben Haddou, classé par l’Unesco.

On arrive à Marrakech vers 16h30, ce qui nous laisse le temps de faire des achats et de dîner dans un excellent restaurant où se produit une belle et talentueuse danseuse orientale : une belle façon de terminer un séjour réussi, marqué par la solidarité et la bonne humeur !







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