Carnet de route

Bivouac au Balaïtous par Joël

Le 15/08/2020 par Joël Moine

Tous les ans, j’ai l’habitude de bivouaquer avec des participants qui reviennent fidèlement. Cette année, pour mes 70 ans, j’avais envie de bivouaquer au sommet d’un 3000 Pyrénéen.

Avec les habitués, nous en avons parlé lors de différentes sorties afin de décider du projet. Nous nous rappelons un bivouac sur un rocher au milieu de la neige, quasiment sur le glacier d’Ossoue, avant de monter au Montferrat, nous abandonnons donc le projet initial de bivouac sur le Vignemale. Nous évoquons également le bivouac dans la grotte n°2, abri de la brèche des Isards sous la Tour1, avant de monter au Marboré, ou bien le bivouac sur les terrasses, sous le col de la cascade avant l’ascension du Cylindre et d’autres encore.

Finalement, nous décidons que le bivouac sera sur le sommet du Balaïtous. Un des bivouacs les plus prisé des Pyrénées.

Donc c’est décidé pour le Balaïtous (3144m).

Je fixe les dates 24,25 et 26 Juillet 2020 et fais publier la sortie sur l’agenda du CAF, il y a peu de demandes de participation dans ces temps de Covid 19. Finalement nous partons à 7 : Christian le doyen du groupe avec son petit fils Axel, Monique adepte du bivouac en plein air, Magali qui se pose des questions sur les difficultés à venir, Christian prêt à tout porter, Arnaud adepte de MUL « Marche Ultra Légère » mais qui portera une bonne bouteille de Listrac-Médoc au sommet et moi qui organise et encadre la sortie.

Covid 19 oblige, nous avons 3 véhicules depuis Bordeaux, le rendez-vous est au parking de la maison du parc.

Nous partons le plus léger possible, sans matériel de montagne à l’exception du casque, plus que recommandé pour le Balaïtous. Je suis instructeur cartographie orientation et organisateur de stage et pourtant, pour une fois je ne prendrai ni carte ni GPS, seulement Iphigénie, rando légère oblige ! Ce n’est pas un bon exemple mais c’est de plus en plus fréquent chez les jeunes générations.

J’ai déjà fait 2 fois le Balaïtous, je sais qu’il y a de la place au sommet.

Les géodésiens les premiers au sommet, y ont stationné nombreux, plusieurs jours et, dans la tempête en 1825. Depuis, des milliers de randonneurs ou d’alpinistes y ont séjourné. Je ne sais pas combien il y a de place pour le bivouac. Après renseignements, j’apprends qu’un groupe de 7 a déjà bivouaqué au sommet. Donc pas de difficultés.

Jour 1

Après le pique-nique, nous commençons la marche, tranquille, nous passons par le refuge de Larribet. Après une courte halte pour un rafraichissement, nous cherchons notre lieu de bivouac près d’un des lacs au-dessus du refuge. Finalement, nous trouvons de bons emplacements près du lac inférieur de Batcrabère. Nous sommes 4 à dormir à la belle étoile et 3 sous la tente. Le lendemain, pour le sommet, il n’y aura plus de tente, elles resteront au premier bivouac. Nous prévoyons l’eau pour le sommet, celle-ci me causera quelques désagréments par manque de prudence!

Jour 2

Nous voilà partis pour la montée par la voie classique de la Grande Diagonale. Elle est sèche à cette période. En chemin et de bonne heure, nous rencontrons nos deux premiers randonneurs qui descendent du sommet après un bivouac. Ils étaient au sommet pour filmer Guillaume Bauxis un trailer qui souhaite battre le record Balaïtous, Vignemale et Mont Perdu en moins de 15h. Ils ne se retardent pas car ils vont à Tuquerouye pour le filmer à nouveau avant sa descente sur Gavarnie. Nous apprendrons au retour que son temps est de 17h32, chapeau ! Nous croiserons d’autres groupes rapides, c’est la mode.

Le col Noir n’est plus utilisé, pierrier instable, le col des Ciseaux emprunté lors de mes précédents passages n’est plus conseillé non plus, nous passons donc entre les deux, par le col dit « passage conseillé » (c’est le nom que lui a donné Laëtitia Heliun la gardienne de Larribet depuis 2014). Pique- nique sur un rocher, passage à l’abri Michaud que l’on visite et montée au sommet, sans précipitation, nous avons le temps. La grande diagonale et le couloir terminal ne posent pas de difficultés. Beaucoup de randonneurs descendent, nous sommes les premiers arrivés au sommet avec l’intention d’y bivouaquer. Nous prenons nos places et occupons toutes les aires disponibles. Mais ce n’est pas fini, une première cordée de 3 en provenance de l’arête de Packe-Russel arrive pour le bivouac. Nous proposons de nous serrer mais ils préfèrent aller vers la Crête de Costerillou. Toute l’après-midi et pendant la soirée jusqu’à la nuit, d’autres randonneurs ou alpinistes arrivent.

Nous serons environ 20 personnes à dormir sur le plateau sommital ce samedi-là. La nuit se passe bien, le temps est clair, les étoiles et la voie lactée sont les récompenses d’un bivouac d’altitude. Le matin est un peu frais, mais le lever de soleil éclaire l’Ossau tout proche. Puis la chaleur revient.

Jour 3

Avant de descendre nous faisons un dernier tour d’horizon au lever du soleil. Nous reconnaissons : Le pic d’Anie, l’Ossau, le Palas, l’Ariel, le Sesque, le Visaurin, Ansabère, Pena Telera, les Frondella, les Pics d’Enfer, les massifs de Gavarnie, du Vignemale, du Néouvielle, le pic de Midi de Bigorre etc, etc… il est quasiment impossible de décrire tous les sommets tant la vue est étendue.

Nous descendons tranquillement par le même chemin que la veille. Nous récupèrons quelques affaires au premier bivouac. Une omelette aux lardons avec quelques rafraichissements nous attendent au refuge puis nous voilà rentrés après avoir trempé nos pieds dans l’eau fraîche d’un ruisseau.

C’étaient trois jours de montagne et deux nuits de bivouac pour marquer un anniversaire avec changement de dizaine ! Merci aux participants pour la bonne ambiance et l’accompagnement. D’autres bivouacs nous attendent. Pour combien de temps encore ?

Joël

1- Les grottes Glacées du Marboré de P Bernard et M Van Thienen, p69, 1987


 


 







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