Carnet de route
Port neuf de Pinède
Le 28/07/2026 par Rovira-Marcel
Sortie « Port neuf de Pinède » du 21 au 23 Juillet 2026
Organisée par Francis Lapeyre.
Pour commencer, quelques mots de Anna de Noailles, extraits de « La vie profonde » (Le Cœur innombrable) :
S’élever au réel et pencher au mystère,
Ȇtre le jour qui monte et l’ombre qui descend.
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde, assise…
Hé oui, c’est d’un bon soutien, souvent en poésie, « la montagne » est plus courte, à cause du « e » muet.
À l’entrée du cirque de Troumouse, depuis la chapelle de Héas, à la suite de l’aigle, nous voilà rapidement à la cabane de l’Aguila et de la Fontaine et Oratoire de la Sainte Famille, curieux modelé, façon goutte à goutte, où, nous écartant du sentier menant à la cabane de l’Aguilous, nous atteignons notre point culminant du jour : la Tour de Lieusaube (2098m à peu près). Là, sur son flanc, nous a été offert une belle image pastorale aux accents bibliques, un message bien apaisant (voir photo). Puis, en passant par la cabane des Aires, nous sommes redescendus vers notre point de départ pour nous rendre ensuite à l’Auberge du Maillet et nous restaurer, dans un vacarme assourdissant, résultat probable de la victoire au Mondial de nos amis transpyrénéens, à la puissance vocale déjà légendaire sans cela.
Le deuxième jour, à partir du lac des Gloriettes, qui sait malgré tout avoir de la retenue, après avoir suivi sa berge, nous remontons, suivant un long parcours, la flèche inversée de la gravité, pour après l’effort se sentir plus légers. Les physiciens connaissent bien ça, plus on monte, plus on est léger, mais ça pèse dans les jambes, c’est tout le paradoxe, que les rêveurs, la tête dans les nuages ou bien dans la Lune, résolvent à leur façon.
Enfin nous voilà au Port Neuf de Pinède (2468m) point de vue impressionnant sur la vallée de Pineta, les Trois Maries, le Col d’Añisclo, et en se déplaçant sur la gauche, voir aussi sur sa droite, toute la chaîne du Mont Perdu. C’est égal, il nous faut redescendre, pour reprendre du poids et en être conscients.
Il a fait très chaud, il y a de la fatigue et de la déshydratation, mais le gave du cirque d’Estaubé était encore frais et riant.
Le troisième et dernier jour, nous avons dans notre besace, a priori peu chargée, un petit sommet (2597m) qui va finalement s’avérer, avoir du caractère, le Pic de Larrue. Au début, depuis le barrage du lac des Gloriettes, nous cheminons vers le nord, sur un chemin confortable, laissant de loin en loin sur notre gauche, un chalet, puis, entrant dans le mystère, virant carrément à gauche, nous cherchons longuement un sentier disparu, qui enfin prendra corps dans un premier parterre de framboisiers, d’abord à gauche, un peu solitaire, puis à droite, dans un second parterre du même plant, à flanc de rocher. Nous voilà sur un chemin de crête, où un moment, des brebis seront nos inspiratrices comme pour, de jour en jour, assurer la continuité (voir photo). De bout de crête en bout de crête, nous voici face à un monumental bloc rocheux qu’il nous faut choisir de contourner par la droite ou par la gauche. Après quelques essais, il a été fait le choix de passer par la droite, car comme l’a dit l’une d’entre nous, « c’est plus roulant par la droite ». Cette voie en chaos, s’est finalement révélée, de temps en temps, cairnée. Et hop ! après un dernier effort, en s’aidant avec les mains, pour franchir un ressaut, nous voilà au sommet, avec sa vue panoramique sur les Pyrénées et son antenne relai, qui permet à chacune et chacun de se reconnecter avec l’autre monde, impossible à joindre depuis quelque temps.
Longue descente à l’envers, et pot de fin de course à Gèdre, pour nous ressourcer, après tous avoir été, un court moment, à Larrue.
Tout ceci comme la morale d’une fable, qui, partis à la suite de l’aigle, poursuivant des gloriettes, se sont trouvés un moment, à Larrue.
A+ sur les pentes.
Photos Maya, Eric,





