Carnet de route
Sortie Campo
Le 21/12/2025 par Delsaux Lionel
« Les conditions de circulation devenant de plus en plus imprévisibles, à cause du mouvement des agriculteurs, […] nous prendrons la route du Gers comme autrefois avant que la A65 existe ! » À postériori, on peut se dire que le mail de Bernard, notre impeccable encadrant, donnait la tonalité de cette belle sortie à Campo : on prendrait les chemins de traverse !
Et c’est avec un brin de nostalgie pour la belle époque où l’on traversait bourgs et villages pour gagner les Pyrénées que nous voyons défiler leurs noms, comme une énumération poétique : Lavardac, Nérac, Condom, Valence-sur-Baïse, L’Isle-de-Noé, Mirande…
Nous passons Lannemezan, entamons la montée vers Saint-Lary puis le tunnel de Bielsa. C’est toujours un peu magique ce franchissement des Pyrénées, autrefois barrière presque infranchissable entre la France et l’Espagne.
Nous arrivons à l’Hôtel Cotiella, à Campo, vers 18h30. Waoow ! Quand on adhère au CAF, on a plutôt des images de nuits en refuge à 15 dans 10m2, ou de bivouacs sur les cailloux… Ben là, ça allait être confort ! Et effectivement, même si certains auraient souhaité une ration de frites un peu plus conséquente lors du dîner, nos deux nuits à l’hôtel furent très agréables, avec un personnel souriant et aux petits soins pour nous.
Mercredi matin, après un petit déjeuner copieux, et sous un magnifique ciel bleu de décembre, nous partons à l’assaut du Pic Cervin, certes bien plus modeste que son prestigieux cousin des Alpes, mais permettant une balade des plus sympathiques. La première partie de la randonnée se fait sur une large piste, que nous quittons après un peu plus de deux heures de marche pour progresser désormais parmi des arbres majestueux (dont Joanna tirera de superbes photos), et sur un terrain où l’herbe est encore bien verte. Nous nous regroupons un peu plus tard sur un col pour une pause, avant d’attaquer la dernière partie de l’ascension, au milieu de buissons aux formes de coussins moelleux. Après un dernier effort le sommet du Cervin est atteint. Il ne culmine qu’à 1680 m mais il offre un splendide point de vue sur les cimes enneigées alentours, avec parmi elles l’imposant pic Cotiella (2912 m), qui a donné son nom à notre hôtel, et dont Bernard nous explique les différentes voies d’accès.
Après avoir bien profité de ce beau paysage ensoleillé, nous regagnons le col pour la pause pique-nique.
Puis comme prévu par Bernard, l’essentiel du groupe redescendra par un sentier permettant de gagner directement Campo pendant que Daniel et lui reprendront la piste pour aller récupérer les deux minibus utilisés le matin.
Cette descente s’avère un peu « technique » et nous demande pas loin de 3h, mais elle se fait avec plaisir, dans des parfums de buis et de romarin. Du coup Bernard et Daniel avaient déjà bien étamé leur bière lorsque nous les rejoignîmes au bar de l’hôtel !
Jeudi matin nous quittons l’hôtel. Nous nous arrêterons sur la route du retour pour notre seconde randonnée, dans la montée du Tozal Del Mayo. Bernard estime que faute de temps (les agriculteurs bloquent toujours les autoroutes), nous n’irons probablement pas au sommet mais seulement au col qui le précède. Il est assisté de Jean-Luc pour le guidage. Ils ont récupéré la trace, mais nous précisent que l’endroit n’est pas très fréquenté. Jean-Luc a tout de même vérifié que l’itinéraire était bien pratiqué : oui, il a été emprunté au moins… deux fois cette année !
Nous partons donc confiants mais bien vite nous peinons à trouver un sentier ; nous progressons tant bien que mal dans une une sorte de garrigue et à travers des buissons de buis. C’est un peu à chacun cherche son chemin : « par ici, ça a l’air mieux ! », « non, par là ! ». Il était bien dit que lors de cette sortie on prendrait les chemins de traverse ! Puis la pente se fait plus raide, tantôt des buttes de terre, tantôt des éboulis pas très stables, tantôt des herbes en grosses touffes masquant des trous, au milieu desquelles coule un ru à peine visible. De temps en temps nous rencontrons une marque mauve ou un cairn qui nous rassurent, mais pour peu de temps. Comme Bernard nous a précisé que la randonnée se faisait en aller-retour, on commence à imaginer ce que sera la descente…
Mais au bout de quelques temps la pente se fait moins raide, le sentier plus visible, l’horizon s’élargit et nous parvenons enfin au col. Et là, la récompense ! Nous surplombons une sorte de cirque constitué de falaises rocheuses impressionnantes sur le haut, puis sur le bas de pentes plus douces recouvertes d’une végétation mêlant l’ocre et le vert. Au loin des bandes de nuages accrochent les sommets, et encore plus loin les cimes enneigées. C’est magnifique !
Mais il est déjà temps de redescendre. Finalement cette descente n’est pas si terrible. La vue de dessus permet probablement de mieux suivre le sentier. Nous parvenons assez rapidement à une sorte de pré proche de notre départ, dans lequel nous nous installons pour un pique-nique au soleil, avant de reprendre la route du retour.
Au finale, un bien belle sortie et, pour ma part, c’était ma première avec le CAF, et ce que je retiens avant tout, au delà des splendides paysages, au-delà du plaisir que nous partageons de randonner dans nos belles Pyrénées, qu’elles soient françaises ou espagnoles, c’est la rencontre de gens de bien bonne compagnie, et ça fait du bien par ces temps souvent moroses.
Lionel
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